Requiem pour un amour insane

•24/04/2009 • Laisser un commentaire

« Mieux vaut avoir des remords que des regrets. » C’est ce que l’on dit le plus souvent à ceux qui, craignant mal faire, ne peuvent se résoudre à agir d’aucune façon. Et il est vrai que ne rien décider, c’est aussi une décision, que cela entraîne aussi des conséquences et que celles-ci peuvent se révéler aussi fâcheuses que les suites d’un acte proprement dit. Et voilà alors les regrets, le chagrin de ne pas avoir osé, alors qu’il aurait peut-être fallu au moins essayer.

À force d’être lâche et insatisfait d’avoir laissé couler tant d’occasions de peur de (se) faire du mal, on se dit alors qu’il faut peut-être se secouer, prendre son courage à deux mains et être prêt à courir des risques pour les choses que l’on veut de tout son cœur, quitte à s’en briser les os. Il faut mettre les pieds dans l’eau et alors on y va, et puis on fait tout de travers et l’on va jusqu’à ficher une amitié en l’air, et au moins maintenant on sait à quoi s’en tenir, mais on aurait tant aimé s’en tenir à autre chose, et puis, finalement, est-ce qu’on a vraiment bien fait? Et voilà la frustration et les remords, cette sensation de ne pas avoir été à la hauteur et d’avoir commis peut-être rien qu’une petite faute, mais toujours irréparable, puisqu’une fois que la pierre est lancée, comment revenir en arrière?

Les remords et les regrets, finalement, lesquelles font le moins souffrir? Moi qui ai fini par collectionner les deux, je ne saurais pas répondre à cette question. Dans les deux cas, me pencher sur les échecs de mon passé et de mon présent, cogiter sur ce que j’aurai voulu, mais n’ai su conquérir, garder ou protéger, me donne le mal au cœur et des migraines, ainsi qu’une étrange envie d’être toujours soûl.

Au bout du compte, mieux vaudrait avoir un but et ne garder des échecs du passé que les leçons que l’on aura su tant bien que mal en tirer. Sauf que là, j’ai le cœur qui saigne, je regarde ma vie et je la vois partir en vrille et j’ai un mal fou à sortir de cette impasse et à me projeter enfin dans un avenir quelconque.

Il faudra s’accrocher, pourtant. Car, comme je l’écrivais dans une dédicace à ma petite Baki – que j’aime encore plus que tout, malgré le mal que je nous ai fait, et que je viens de perdre peut-être à jamais, car finalement nous ne sommes que deux gamins, ayant grandi vite mais mal – on n’aura jamais fini de lutter, mais il y a toujours, ou presque, un nouveau début qui nous attend.

Grandir vite, grandir mal

•26/03/2009 • 2 commentaires

Quand j’étais petit et je travaillais avec mes parents à la ferme, l’été j’allais souvent cueillir les tomates. Les plantes poussaient dans des serres, début juillet elles avaient déjà bâti une véritable barrière d’ombre et il fallait se battre pour avancer entre les lignes, de grosses corbeilles à la main, où l’on vidait les fruits.

Les lignes extérieures en revanche étaient exposées au soleil. Il fallait faire très attention, car les fruits y prenaient très vite un teint doré et l’on aurait pu facilement croire qu’ils étaient déjà presque mûrs, donc prêts pour être cueillis. Ce n’est qu’après les avoir détachés de la plante que l’on s’apercevait qu’il aurait mieux valu attendre.

J’en ai connus, des gens comme ces tomates. Ils mûrissent vite, mais mal. Ils ont connu des rudesses, ils ont brûlé au soleil, mais derrière leur écorce trahissant une maturité précoce, ils cachent des côtés fragiles et presque enfantins, qu’ils auront toujours du mal à ménager.
J’en ai connus. Et bien souvent, je me sens l’un d’eux.